Cette soirée du 12 novembre 2008 a permis d’expérimenter et de constater la validité de ce qui est présenté ci-dessous :
- un éclairage plus travaillé pour la salle que pour la scène, qui varie tout au long de la soirée mais qui évite tant la pleine lumière que l’obscurité totale,
- des musiciens tant sur scène qu’au centre de la salle et sur une petite scène latérale,
- une sonorisation avec des haut-parleurs placés aux quatre coins de la salle.
LUMIÈRES
- En refusant tant le modèle du concert rock (scène pleine de lumières – salle noire) que celui du thé dansant (tout le monde sous les néons), il s’agit de placer danseurs et musiciens dans un même espace sans que celui-ci en devienne informe. Scène et salle ne sont pas éclairées de la même façon, mais toutes deux échappent à la malédiction des néons comme à celle de la chambre noire.
- Il faut donc qu’à tout moment les personnes présentes le soient visuellement, danseurs comme musiciens, ce qui laisse tout de même le champ libre à une évolution de l’éclairage au cours de la soirée, par le choix d’intensités de luminosité mais aussi par des choix de couleurs dominantes et l’intervention d’événements visuels (flashs, effets stroboscopiques, textures animées sur les murs ou le plafond par vidéoprojection,… ).
- La diffusion d’un léger brouillard diffusé par une machine du même nom est un artifice tout à fait courant, mais toujours utilisé au service d’une mise en valeur des artistes sur la scène. Ne provoquant aucune gêne respiratoire quand il est il est utilisé en quantité raisonnable, ce brouillard artificiel peut tout à fait être présent dans l’ensemble de la salle, sur scène comme sur la piste de danse, accentuant ainsi la perception d’un espace commun, d’une qualité particulière d’atmosphère propre à la salle. C’est bien cette légère altération de la qualité de l’air qui contribuait à la puissance de certains moments collectifs, dans les temps anciens de la tabagie ou, plus lointains encore, des feux de bois…
DISPOSITION
- La configuration frontale (masse des spectateurs d’un côté, artistes en face) est dans la plupart des salles la “disposition par défaut”. Elle n’est pas pour autant une fatalité. La gestion de l’éclairage évoquée ci-dessus permet déjà d’atténuer quelque peu cet effet de séparation et ce rapport de domination entre public et musiciens. Il suffit d’extraire l’un d’entre eux de cet espace symbolique qu’est la” scène frontale” pour basculer directement dans une disposition beaucoup plus adaptée à la survenue de moments collectifs forts.
- Une scène latérale, même petite, peut être installée sans grandes difficultés techniques, les cablages pouvant se faire directement sur ceux de la “grande” scène ou directement sur ceux de la console (là où se barricade le technicien son). Afin de donner tout son poids à ce décentrage, à cet éclatement de la source symbolique de la musique (la source réelle, physique étant les hauts-parleurs, cf. le point suivant sur la sonorisation), il est préférable de choisir pour occuper la scène latérale les instruments “lead”.
- Les micros sans fil peuvent également permettre de placer couples de chanteurs et de sonneurs au centre de la salle. Il ne s’agit pas d’un “petit plus”, mais d’un grand apport à la qualité du dispositif. En incarnant physiquement le centre de la salle, les musiciens qui s’y trouvent permettent aux ronds de se former plus fréquemment et de manière beaucoup plus spontanée.
SONORISATION
- Il paraît improbable que la sonorisation n’ait pas évolué depuis les premiers festoù-noz de 1955, mais c’est pourtant le cas : des microphones captent les sons acoustiques qui sont mixés, amplifiés puis diffusés par deux groupes de haut-parleurs, l’un à gauche et l’autre à droite de cette fameuse scène frontale.
L’illusion fondatrice s’est elle-même perpétuée, un consensus étonnant existant encore aujourd’hui pour n’aborder la sonorisation qu’en tant que technologie d’amplification du son. La façon de sonoriser, en terme de qualités (types, grains, timbres) mais aussi de dispositif (nombre et positionnement des points de diffusion), est pourtant un ingrédient à part entière de la fête, cette façon de sonoriser est perçue par l’oreille et par le corps, paradoxalement autant que ce qui est sonorisé…
- Au-delà de cette manière historique de sonoriser (toutes les sources diffusées sur 2 canaux gauche-droite), quelques voies d’expérimentation existent pourtant. La première d’entre elles a l’avantage d’avoir déjà été mise en oeuvre par quelques sonorisateurs audacieux : la diffusion du son en quatre points de la salle.
1 réponse jusqu'à présent ↓
bellard annick // avril 20, 2009 à 2:02
Je n’ai pas assité à la soirée mais rien que de lire cette mise en oreille théorique, je regrette de ne pas avoir été là………………………